L’événement Panini : Les Eternels en V.F. !!!

Publié le par Tony Lariviere - Daniel Tesmoingt

Voici une nouvelle qui se devait de trouver sa place dans le blog de Jack Kirby : Panini a sorti un fort beau recueil des éternels du grand Jack ! Les éternels jalonnèrent le retour de Jack Kirby chez Marvel, et il s’agit de l’un de ses ultimes legs qu’il donne, contre son grès, à l’éditeur qui s’est tant enrichi grâce à lui. Retour sur une lecture qui s’impose tout particulièrement.


























Jack Kirby a connu une grande déconvenue avec son Fourth World chez Dc. Son contrat de 5 ans s’achève et il retourne, sans grande conviction chez Marvel. Son retour ne se passe pas sous les meilleurs hospices, mais on lui laisse une relative liberté créative sachant qu’il n’habite plus sur la côte est mais Los Angeles. Il semble que Jack n’en a pas fini avec sa fascination pour un panthéon cosmique, ce dont lui seul est capable à porter à si haut niveau.
 

Il prend un charge un faisceau de titres qui sont Captain America, La Panthère Noire, 2001, Machine Man, les Eternels ainsi que l’anecdotique Devil Dinosaur. Il semble que son talent et son inspiration ne soient plus au summum de ses capacités. Mais Jack Kirby sur une série, même mineure, reste un événement puisque ce génie ouvre des portes vers un imaginaires aux limites de la conception humaine. 

Justement, le mythe du chariot des Dieux, qui seraient en quelque sorte venus puis qui auraient posé les semences de l’humanité, demeure une théorie fascinante pour le grand Jack. Les éternels suivent donc ce schéma, mais avec toute la démesure, l’imagination, la puissance évocatrice dont Jack est capable.

 























Nous assistons donc à la venue des dieux tels que le conçoit Jack, cosmiques et fascinants, ils viennent mesurer les progrès de leurs expériences, qui ont généré les hommes, les célestes et les déviants. Les célestes seraient en quelque sorte des anges, des produits qui ont atteint un haut niveau. Les déviants demeurent leur pendant dégénéré tandis que les pauvres humains se tiennent au milieu de cette échelle de l’évolution. Les deux factions adverses s’activent donc. Les déviants redoutent ces dieux car ils sont subi jadis leur courroux tandis que les éternels souhaitent les servir du mieux qu’ils peuvent, et ils sont prêts à accepter le châtiment éventuel…
 

Ce bref résumé ne demeure qu’un pitch, tellement l’œuvre de Jack demeure riche d’une fantasy, d’une complexité et de rebondissements. Les éternels sont diablement plus intéressants, et je vous invite fortement à lire ce legs que nous a laissé Jack. Justement, les éternels étaient fameux en France car LUG a préféré abandonner la série au troisième épisode pour ne pas subir les foudres de la censure. Il est vrai que les déviants s’apparentent quelque peu à des diables et qu’il est concevable qu’un très jeune lecteur puisse être choqué. La série a donc migré chez Arédit et, c’était une tradition maison, la suite des éternels furent chaotique à lire, donc à apprécier pleinement.

 












Aussi, il convient de saluer et acquérir l’effort de Panini. L ‘éditeur français se contente de proposer autre chose que des best-seller et ils tentent, de temps à autre, de proposer des œuvres majeures à un public francophone qui fait parfois moins preuve de curiosité que ses voisins européens. Et oui ! Les Espagnols ont eu une publication de nombreuses œuvres majeures tandis que le Swamp Thing d’Alan Moore, le Batman de Neal Adams ou même la Jla de Grant Morrison n’ont pas été suivis comme il le fallait !

Vous comprendrez donc qu’il convient de ne pas se priver de l’achat de ce somptueux album, qui comporte les épisodes 1 à 19 ainsi que l’annual 1. Pour 25 euros, Jack Kirby va vous emmener dans un voyage dans le céleste et le cosmique comme lui seul en était capable…

Bastien Ayala

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