Forever people/Mister Miracle, la suite du Fourth World.

Publié le par Tony Lariviere - Daniel Tesmoingt

Jack Kirby a vu sa série arrêtée, pour cause de mévente. Toute l’histoire que Jack avait imaginée, épique et longue, doit logiquement cesser. Mais comme Jack est venu avec son lot d’idées dantesque, il décide de prolonger sa saga avec d’autres titres. Il s’agit donc de Forever people et Mister Miracle.

Forever people

Les Forever people sont le groupe de jeunes qui constitue la dernière génération de New Gods. Même si leur âge s’estime en milliers d’années, ils nous semble bien jeunes par rapport à la génération d’Orion et Lightray. Les aventures de ces cinq membres constituent une odyssée de cette nouvelle génération, qui aura fort à faire à défaire les périls que Darkseid leur dresse sur le périple. Justement, leurs aventures servent à explorer les thématiques évoquer dans New Gods, notamment les mystères non encore exploités tel que l’équation de l’anti-vie. Les Forever people se heurtent à Dessad qu’ils rencontrent lors d’une foire du trône funébre.

Il s’agit du thème de la jeune génération qui se heurte aux infamies de la guerre et de leur évolution psychologique qui en découle. Malgré les dangers et les épreuves, les Forever people affirment leur nature volontariste et généreuse. Ils d’agit donc pour Jack d’un témoignage de foi envers la jeune génération puisque certains voit en ce titre, une résurgence des anciens titres à groupes de jeunes qu’animaient Joe Simon et Jack Kirby Il y a plusieurs décennies. Jack Kirby se permet même quelques notes touchantes de poésie grâce à la femme du groupe ou la bonhomie de Big Bear. Mais Forever people s’avère réellement dynamique puisque les épreuves sont folles et défient une fois de plus l’imagination, sans jamais être sanglants ou malsain (malgré Dessad).

Un des meilleurs moments de la bande demeure la confrontation entre Darkseid et la bande, les jeunes lions et le vieux loup expérimenté. Il s’agit d’un moment de tension puisque Darkseid pourrait utiliser la force physique mais il se contente de leur diffuser la peur dans un habile et hilarante parodie de leçon moraliste. Un grand moment du titre parmi tant d’autres, inclus dans un titre mineur eu égard au la série centrale New Gods, voilà la force de Forever people.
 

Mister Miracle

Mister Miracle demeure le fils de High Father qui a été envoyé sur Apokolips suite au pacte, qui a permis le cessez-le-feu. Il est placé dans un orphelinat/pépinière de soldats luciférien tenu par la spartiate Mamie bonheur. Mister Miracle parvient à s’échapper, notamment par la grâce des plans de Darkseid, et il aboutit sur terre. Il rencontre un Houdini, nommé Mister Miracle, qui doit défier la mort de très près suite à un pari insensé avec un truand qui ne peut l’annuler, sous peine de perdre la face. Mais le premier Mister Miracle meurt et Scott Free reprend le manteau et la mission de Mister Miracle, frôler la mort chaque fois un peu plus près. Il demeure aidé par l’assistant de son prédécesseur, Obéron, mais après avoir démantelé le gang de truands responsable de la mort de son prédécesseur, il va se retrouver aux prises avec les guerriers de l’Apokolips dont le fourbe Desaad, que les plans fourbes et retors inspirent et stimulent au plus haut point.

 Justement, il en a quelques uns de fort ingénieux et Mister Miracle doit trouver la seule issue entre mille possibilités, le gimmick du titre, et le périple s’accroît à chaque fois. Il demeure emprisonnée dans une statue et doit subir mille piège, il doit s’évader d’un immeuble où tous les habitants deviennent violent et veulent occire Mister Miracle ou encore il doit combattre une créature dans une autre dimension de poche contrôlée par cet ennemi aux pouvoirs incommensurables.

 
La touche de grâce provient du personnage de Big Barda, la chef des guerrières d’élites d’Apokolips qui ne veut pas la mort de Mister Miracle, puis elle le côtoie pour des combats avant d’en tomber définitivement amoureuse. Le titre Mister Miracle se clôt donc au numéro 18 par leur mariage, sous l’ombre inquiétante de Darkseid qui apparaît comme un manipulateur redoutable aux desseins subtils et lointains.

Mister Miracle est le comics que Jack Kirby a conçu comme un tour de manége : le péril et le défi sont immenses, à priori insurmontables et l’épisode fait monter la tension en maximisant les enjeux puis Mister Miracle trouve la seule issue possible grâce à son ingéniosité, son astuce ou ses trouvailles. Croyez-moi, le spectacle assuré par Jack Kirby vaut la peine d’être lu.

La continuation de l’exploration du monde des New Gods s’effectue grâce à la boîte mère, sorte d’ordinateur vivant dont l’intelligence se manifeste par empathie avec son utilisateur. Kirby élève la technologie au niveau de dieu donnant des propriétés relatives au sublime à la boîte mère mais en ne la définissant pas clairement. Comme toutes les œuvres et les visions de Jack Kirby sur le Fourth World, l’imagination et le sublime sont picturales et conceptuelles puisque les grand desseins et certaines zones d’ombres ne sont jamais rationalisés, comme si Jack Kirby laissait au lecteur le soin de s’impliquer avec sa propre imagination, de lui laisser la possibilité de rationaliser avec son propre entendement. Une œuvre immense donc, et incontestablement artistique.

L’ère DC de Jack Kirby se solda par un échec en terme de soutien par son éditeur, jamais un de ces titres n’a dépassé les 18 numéros alors que le legs demeure grand, tellement grand. Dc aurait mieux fait de ne pas avoir de vision comptable, d’ailleurs j’éclaircirai ce point, puisque l’ouvre de Jack demeure l’un des trésors de l’éditeur qui a ouvert ses personnages si normaux et terre à terre à un panthéon si imaginatif. Mais Jack n’a pas fini son contrat et il reste encore quelques titres à traiter…

Bastien Ayala

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